apdraf_accueil_inprogress L'association et ses perspectives

photo Liberia

L'APDRA Pisciculture Paysanne poursuit ses efforts de développement rural au travers de la promotion d'une activité piscicole intégrée aux exploitations paysannes dans de nombreuses régions d'Afrique tropicale humide. Ces régions sont identifiées en fonction d'évaluations préalables mettant en lumière leurs potentialités vis-à-vis de la démarche de développement construite au fil des ans par l'APDRA. Cette démarche, qui met les pisciculteurs au cœur des décisions concernant l'évolution de leur système de production, vise à leur transférer les compétences nécessaires à la gestion autonome – et pérenne – de leur pisciculture. De la sorte, ils sécurisent et accroissent leurs propres revenus et contribuent à augmenter amplement la disponibilité en poisson frais au niveau local.  

Les projets passés et présents menés par l'APDRA ont permis de faire la preuve de l'intérêt pour les paysans de diversifier leurs systèmes de production au travers de la pisciculture. Le modèle productif proposé s'adapte en effet aux moyens de production et à l’environnement des populations ciblées. Il permet surtout d'accroître la valorisation du temps de travail des exploitants et d'intensifier la valorisation de leurs surfaces de production (en particulier s'ils associent pisciculture et riziculture).

L'association développe actuellement ses activités dans six pays d'Afrique Sub-Saharienne (Libéria, Bénin, Cameroun, Congo, RDC et Madagascar). Elle aspire à étendre plus encore l'horizon de ses bénéficiaires et la portée de ses projets. Ainsi :

  • Les pays "historiques" d'intervention de l'association (Guinée Forestière et Côte d'Ivoire) sont en passe de sortir de longs mois d'instabilité politique et sociale. L'APDRA entend s'inscrire dans cette pacification (si tant est qu’elle se confirme, surtout en RCI), au travers du probable renforcement des politiques internationales de développement dans ces pays, afin d'y proposer de nouveaux projets.
  • De nouveaux pays pourraient également être propices à l'intervention de l'association. On pense en particulier aux pays du Golfe de Guinée présentant des conditions agro-climatiques favorables à la pisciculture. En particulier, le siège vient de déposer une proposition de projet à l'Union Européenne pour mener une action pilote de développement de la pisciculture à l'échelle paysanne en Sierra Leone.
  • De nouvelles actions sont également à l'étude – pour le sous-continent Centre Africain – aux Congos et au Cameroun, où l'APDRA mène (ou a mené) des actions mais où elle n'a pas encore pu entreprendre de projets à grande échelle et sur le long-terme. 

Outre les projets classiques "d'installation de pisciculteurs", l'APDRA travaille à mettre en place des services sur mesure adaptés aux besoins des producteurs piscicoles de chaque pays où elle intervient. Ainsi, au Cameroun, les projets PVCOC et PRSPP touchant à leur fin, l'APDRA travaille à l'élaboration d'un projet permettant de maintenir sur place une équipe restreinte capable de poursuivre l'accompagnement des pisciculteurs. De la même manière, en Côte d'Ivoire, l'APDRA s'apprête à proposer un projet "de transition" qui permettrait de redynamiser les groupes de pisciculteurs existants suite aux troubles sociaux récents, mais également d'évaluer leurs besoins en vue d'une prochaine intervention de plus longue haleine à une échelle plus importante. En somme, et afin d'être continuellement en adéquation avec les besoins des populations ciblées par ses projets et avec les attentes spécifiques des bailleurs de fonds les finançant, l'APDRA s'attache à entretenir une réflexion soutenue quant aux actions qu'elle développe. L'offre de services qu'elle est à même de proposer est donc amenée à évoluer et à se diversifier. Ses fins restent, elles, inchangées : épauler les populations paysannes du Sud pour qu'elles mettent en place des exploitations piscicoles rentables et pérennes !

Universités d'Eté 2011 de l'APDRA Plan d'accès et Indications pour s'y rendre.

Les Universités d'été de l'APDRA se tiendront du 22 au 28 août 2011 sur le Domaine de Bordes à Mornay (18350). Outre des présentations et discussions autour de nos récentes activités sur le terrain, nous aurons le plaisir d’échanger sur l’évaluation de deux projets de pisciculture paysanne menés par l’APDRA au Cameroun et en Guinée.

En voici le PROGRAMME INDICATIF.
:

Vendredi 26Samedi 27Dimanche 28
9h-10h30Présentation du projet IFIDEP au LibériaBilan des récents Appels à Propositions et réflexion sur l'offre projet de l'APDRAPrésentation du projet PDPA au Bénin
11 h-12h30Résultat de l'Etude "Sarnissa" : Rôle des ONG et PME dans le développement de l'aquaculture en Afr.Sub-SahariennePrésentation des projets APDRA à MadagascarPrésentation projet Fish for Kids (Corée du Nord)

RepasRepasRepas puis retours...
14h-15h30Etat des lieux des projets APDRA en cours et à venir

Evaluation de projets de pisciculture paysanne

Mise en parallèle de deux projets : PVCOC au Cameroun et PPGF en Guinée
Sortie naturaliste de groupe : Visite guidée "L'Histoire des marais" à Bourges.
16h-18hPoursuite des échanges autour d'un potProjection du film des pisciculteurs camerounais

Cameroun : PVCOC - Fin de projet, bilan, perspectives.

En juin dernier, le projet pour une Pisciculture Villageoise rentable dans les régions Centre et Ouest du Cameroun (PVCOC) est arrivé à son terme. Depuis 2006, ce projet pilote propose aux petites exploitations familiales une diversification rémunératrice de leurs activités agricoles par une pisciculture artisanale. Dans les zones les plus propices à ce développement, les pisciculteurs se sont lancés de manière très concrète dans cette spéculation. Convaincus et satisfaits de la rentabilité de l’activité (innovante pour eux), certains aménagent même un deuxième site de production. Aujourd’hui, plus de 130 bénéficiaires directs sont appuyés dans leur projet piscicole pour l’installation de leur(s) étang(s), ainsi que la production et reproduction des espèces mises en polyculture.

Le contexte particulier camerounais a pourtant engendré une dynamique d'installation des pisciculteurs plus lente que dans les pays historiques d'intervention de l'APDRA (Côte d'Ivoire et Guinée Forestière). Ainsi, plusieurs zones d’intervention connaissent encore des difficultés pour la reproduction de Tilapia. Ces difficultés sont liées au manque de surfaces disponibles, à une planification trop aléatoire des cycles de production (gestion de l'alevinage en particulier) ainsi qu'à une forte inertie du réseau paysan rendant difficile la prise de risque qui incombe à l'innovation au travers de la pisciculture. Pour autant, les perspectives de développement de l’activité et la marge de progression des productions actuelles sont importantes. Les pisciculteurs ainsi que le gouvernement font part de leur intérêt croissant pour la pisciculture villageoise. L'APDRA souhaite donc poursuivre son action en faveur d’une pisciculture paysanne dans les campagnes forestières du Cameroun. L'association travaille ainsi, actuellement, à monter de nouvelles actions en continuité du PVCOC.

La clôture du projet donnera lieu à une mission d'évaluation externe conduite par Olivier Mikolasec, chercheur et animateur de l’axe thématique "Processus d’Innovation et Conception de Systèmes Piscicoles" (IFREMER / CIRAD). Ce travail, traitant de la rentabilité de l'activité, ses impacts et sa durabilité au sein des petites exploitations familiales, contribuera à la réflexion sur les potentiels et modalités du développement d'une pisciculture rentable dans les régions Centre et Ouest du Cameroun.

Bénin : Une forte demande en Hétérotis de la part des pisciculteurs !

L'Hétérotis est un poisson très prisé dans la commune d'Agbangnizoun (où intervient le PDPA). Suite aux pêches annuelles dans le lac avoisinant d'Akodébakou, les gens se précipitent pour l'acheter. Sur la ferme piscicole de Lanta, dans la commune voisine de Klouékanmè, l'Hétérotis se valorise extrêmement bien : un Hétérotis de 3 kg peut se discuter entre 5000 et 8000 F CFA.

Avec le projet PDPA, les pisciculteurs ont rapidement intégré que l'Hétérotis pouvait s'associer à merveille au Tilapia jusqu'à représenter 30% de la production d'un étang. Voilà qui a le mérite de les motiver dans leurs travaux d'installation et de production ! Cette année, une dizaine d'étangs devraient être empoissonnés. Bien que certains ne soient pas encore totalement achevés, leurs propriétaires réclament déjà que la zone soit approvisionnée en Hétérotis.

Début 2010, le projet avait déjà empoissonné deux premiers étangs fonctionnels en Hétérotis (30 poissons de 200g). Depuis, les propriétaires en ont vendu une partie mais une douzaine a été conservée et répartie dans deux nouveaux étangs afin de servir de géniteurs. En mai dernier, 13 autres géniteurs d'Hétérotis ont été achetés par le projet pendant la pêche dans le lac d'Akodébakou. Ils ont été répartis dans 3 nouveaux étangs.

Ce sont donc aujourd'hui 5 étangs qui sont empoissonnés en géniteurs d'Hétérotis. On peut donc parfaitement espérer que sur ceux-ci, au moins un donne lieu à un appariement permettant d'engendrer une grande quantité d'alevins qui pourraient alors servir à empoissonner de nouveaux étangs fonctionnels d'ici septembre ou octobre prochain. 


                                                       L'actualité du siège

Les opportunités de financement :
 

Projet CORAF : le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF) vient d'attribuer à un consortium d'organismes de développement et de recherche (dont l'APDRA) une subvention de 500.000$ pour mener le projet "Intensification écologique des systèmes piscicoles extensifs familiaux en Afrique de l'Ouest et Centrale à partir d'une analyse des processus d'innovation". Cette action devrait permettre à l’APDRA de renforcer son expertise en matière de systèmes de production piscicoles durables.
La fondation Lemarchand vient d'allouer à l'APDRA un financement de 20.000 sur un an dans le cadre de ses activités à Madagascar et sur le volet Itasy en particulier. Cette fondation (sous l'égide de la Fondation de France) vient compléter la fondation Nature et Découverte également créée par la famille Lemarchand. Elle "agit pour le rééquilibrage des relations entre l'Homme et la nature".
L’APDRA vient par ailleurs de déposer une proposition de projet « sécurité alimentaire » en Sierra Leone au Fond International pour le Développement Agricole (FIDA—Nations Unies).

Assemblée Générale ordinaire de l'association (2011)

Le 14 mai dernier s’est tenu, à Massy, l’assemblée générale ordinaire de l’APDRA Pisciculture Paysanne. Outre les membres du conseil d’administration, étaient présents une quinzaine de salariés (siège et terrain), de volontaires, de chargés géographiques et de bénévoles investis dans l’association. Il a été procédé au renouvellement de son conseil d’administration (reconduit à l’identique puis incrémenté d’une nouvelle Administratrice : Melle Claire Gsegner - actuelle chargé géographique de l’association pour le Libéria). Cette Assemblée fut précédée - comme chaque année - par une semaine de travaux de groupes et de réflexion réunissant l’équipe siège (deux salariés) et certains salariés « terrain » de l’APDRA.
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